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Elevage
de reines
Après
plusieurs années d'existence (4 à 5ans), une reine
devient stérile. Les ouvrières n'attendent généralement
pas les signes de sénilité de leur mère
pour procéder à son remplacement. Celui-ci s'effectue
par essaimage ou plus rarement par supersédure. L'apiculteur
a tout intérêt à maîtriser cette situation
et même à les diriger s'il veut maintenir l'intégralité
de l'effectif ou l'augmenter, tout en bénéficiant
du dynamisme des jeunes reines.
Faut-il élever
des reines ?
Oui, il faut
impérativement que chaque apiculteur soit capable d'élever
des reines de qualité. À la nuance toutefois que
l'apiculteur éleveur peut s'appuyer sur les travaux de
sélection et de mise au point d'éleveurs chevronnés
et reconnus.
On élèvera
donc des reines
- issues de reines
de qualité de son rucher ;
- issues d'éleveurs sérieux.
Méthodes
d'élevage des reines
Il existe une
variété importante de méthodes d'élevage
des reines. Cette pratique est connue et utilisée depuis
plusieurs décennies avec plus ou moins de bonheur par
une minorité d'apiculteurs. Les autres (la majorité)
laissant le soin à la nature de sélectionner les
reines pour eux.
Le matériel de base est toujours le même quelle
que soit la méthode.Il s'agit des larves, des mâles
et de la qualité des nourrices utilisées lors de
l'élevage.
Les larves
Celles-ci seront
toujours issues de la reine correspondant à nos critères
de sélection personnels. On connaîtra parfaitement
leur âge pour être sûr du moment de leur prise
en charge par les abeilles nourrices. Le travail sur les larves
est très délicat. En plus d'une grande précision
des gestes, il faut posséder une très bonne vue
(ou se faire aider par la technique) et porter une attention
particulière aux conditions de température, de
luminosité, d'humidité. Au début, on observe
souvent un faible taux d'acceptation des larves à cause
de précautions insuffisantes.
La colonie
éleveuse
Celle-ci sera
idéalement composée des jeunes abeilles d'une colonie
dans laquelle on ajoutera 4 à 5 cadres d'abeilles brossées.
Le tout constituera ainsi une formidable source de gelée
royale, abondante et de qualité. La ruche devra regorger
d'abeilles, on doit voir qu'il y en a trop.
Elevage en
petit nombre
(- de 25)
Les larves seront
élevées du début à la fin dans la
même colonie.
Elevage en
grand nombre
(+ de 25)
Les éleveurs
utilisent des colonies spécialement aménagées
pour amorcer l'élevage des larves mises à leur
disposition, ces colonies sont dénommées STARTER
(départ).
Les larves acceptées (présence d'une fine collerette
de cire) sont alors confiées à des colonies qui
terminent le travail (FINISSEUSES).
Déroulement
d'un élevage
Méthode
simple sans prélèvement de larves
La meilleure
colonie du rucher est choisie.
Remplacement de deux cadres bâtis par deux cadres gaufrés
au centre de la colonie (laisser un cadre bâti entre les
deux). La reine va pondre immédiatement dans les nouvelles
cellules fraîchement bâties.
Orphelinage (retirer la reine) de la colonie et nourrissement
artificiel (un tiers d'eau - deux tiers de miel) afin de placer
les abeilles dans de bonnes conditions d'élevage.On nourrit
les abeilles jusqu'à l'operculation des cellules se trouvant
sur les nouveaux cadres et éventuellement ailleurs.
On dispose à ce moment de nombreuses cellules royales
operculées. Lorsque ces dernières ont atteint l'âge
de 13 jours, on peut les transférer dans des ruchettes
de fécondation ou dans des ruches en attente d'être
remèrée.
Il ne leur restera plus qu'à se faire féconder
!
Méthode
utilisant le greffage de larves
Le transfert
des jeunes larves d'ouvrières, destinées à
l'élevage artificiel des reines, de leur cellule à
une autre, est appelé " greffage ". En fait,
il s'agit d'un transfert de la larve dans une cupule de cire
ou plus souvent artificielle.
Le greffage est aussi le seul moyen d'obtenir des cellules royales
de même âge, ce qui est d'une importance capitale
pour mener à bien le maximum de naissances royales, sans
que les reines s'entretuent.
C'est justement cette possibilité d'obtenir des naissances
simultanées qui a fait le succès plus que centenaire
de cette méthode. Grâce à l'ingéniosité
de leurs inventeurs, on peut aussi utiliser les systèmes
Jenter ou Cupularve.
L'âge
des larves
Quel est l'âge
idéal des larves prélevées ?
Le plus jeune possible. Mais encore ?
Dès que la larve est assez visible pour être prélevée
sans difficulté majeure. Elle a environ 12 heures, elle
est à peine recourbée, et c'est tout juste si on
la distingue de la gelée dans laquelle elle baigne.
La reine pondant généralement en cercles concentriques,
quand on en aura repéré quelques-unes, il faudra
suivre ce cercle de ponte pour trouver les larves de même
âge. Mais cela n'est pas absolu, et la réalité
est parfois toute autre quand nectar et pollen viennent encombrer
le nid à couvain ; la reine revient ensuite pondre dans
ces cellules libérées. Si bien que l'on trouve
assez souvent voisinant des larves d'âges différents.
Enfin, les larves choisies le seront de préférence
dans le couvain d'une reine dont la ponte sera artificiellement
réduite par l'exiguïté des rayons disponibles.
Après cette vue générale des conditions
de greffage, voyons sa technique.
D'abord repérer un peu à l'avance du jour prévu
pour le greffage, la ponte qui nous donnera les jeunes larves.
Ceci, pour n'avoir pas à chercher le moment venu.
Si les jeunes larves ne craignent pas le froid (elles supportent
une température de 6°C seulement), le cadre où
l'on trouvera les larves d'élevage portera souvent aussi
du couvain operculé au stade nymphal qui, lui, est particulièrement
frileux.
Si c'est le cas, on greffera de préférence dans
un local où la température est maintenue à
18-20°C.
Le matériel
d'élevage
On aura préparé
à l'avance :
- les cupules ;
- les lattes porte-cupules ;
- le (ou les) cadre(s) porte-lattes ;
- la ruche éleveuse et le starter.
Les cupules sont des petites coupes qui rappellent la forme des
ébauches de cellules royales que l'on rencontre dans les
ruches au printemps. Elles peuvent être en cire ou en plastic.
Support de
cupules
Les cupules seront,
soit soudées directement sur les lattes d'élevage,
préalablement enduites de cire fondue, ou bien montées
par simple pression sur les supports prévus par le fabricant,
support eux-mêmes fixés l'avance sur les lattes
d'élevage.
Lattes et
cadre d'élevage
Le cadre d'élevage
sera tout simplement un cadre de même modèle que
ceux utilisés, mais vides et dans lequel on aura aménagé,
soit des encoches, soit des pinces en tôle, pour y insérer
les lattes d'élevage sur lesquelles sont fixées
les cupules.
Ces lattes ont un peu moins de la longueur intérieure
du cadre, si l'on utilise les " pinces ", ou un peu
plus si elles doivent être assujetties dans des encoches.
Ces lattes seront épaisses de 8 à 10 mm et larges
de 24 mm. Elles seront cirées avec de la cire fondue si
l'on doit y souder les cupules. Si l'on utilise le porte-cupules
du commerce, il n'est pas indispensable de les cirer puisque
ces porte-cupules s'adaptent sur les lattes d'élevage.
Mais la présence de cire sur ces lattes favorise l'édification
des cellules royales artificielles (CRA) en période de
froid ou de disette.
Nombre de
cupules par latte et nombre de lattes par cadre
Cela dépend
:
- de l'importance de l'élevage envisagé ;
- du passage ou non par le starter ;
- des aptitudes à l'élevage de la colonie éleveuse.
Il faut toujours élever un peu plus de cellules que les
besoins, pour prévoir les " ratées ".
Une quantité généralement admise est de
12 cupules (avec blocs) par latte et de deux lattes par cadre.
Ecarts inter-lattes
Si les cupules
sont soudées directement sur la latte, on mettra 4 cm
entre chaque latte ; si l'on utilise les blocs-supports, il faut
au moins 7 cm entre les lattes. Si la latte inférieure
est à plus de 7 cm de la traverse basse du cadre, il faudra
mettre une latte en dessous et à cette distance, pour
éviter les constructions parasites à partir de
la dernière rangée de cellules royales.
Le picking
On trouve dans
le commerce divers pickings, en acier, en plastique. L'important
est que la palette destinée à soulever la larve
soit fine pour se glisser facilement sous elle et pas trop large
pour la déposer sans difficulté.
Il est bon aussi que la partie qui va plonger dans la cellule
soit décalée de l'axe du manche, pour que les doigts
qui le tiennent ne cachent pas le fond de l'alvéole où
repose la larve choisie.
Retenons de tout cela qu'il n'y a pas de mauvais picking, qu'on
peut greffer avec un picking de fortune, il suffit d'un peu d'habitude
et d'avoir un instrument bien à sa main. La vision est
très importante car les bonnes larves sont très
petites.
Deux éléments
prépondérants :
L'éclairage
Il sera de préférence froid, c'est-à-dire
qu'il ne dégagera pas de chaleur excessive. Le choix se
portera sur un tube à fluorescence (néon) ou mieux,
une fibre optique. Si l'on n'a pas d'autre ressource qu'une lampe
à incandescence, il ne faudra pas dépasser 40 watts.
A proscrire formellement : la lampe à halogène,
qui dessèche les larves avant que vous n'ayez eu le temps
de les greffer. Enfin, on peut se dépanner avec une lampe
de poche ou mieux, une lampe frontale à pile. Par beau
temps, il est possible de greffer en plein air en évitant
d'exposer les larves aux rayons directs du soleil. Cela les tue.
La vue
Il faut l'avoir bonne. Les myopes qui voient très bien
de près auront intérêt à enlever leurs
lunettes. On peut aussi pallier la déficience à
l'aide d'une loupe binoculaire frontale.
Enfin, ceux qui ont de réelles difficultés de vision,
telles que daltonisme ou astigmatisme, pourront opter pour une
méthode de transfert dérivée telle que Cupularve,
Jenter ou autres.
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Bernard Leclercq, Tous Droits Réservés
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